Universitaires

Le 10 novembre 2013, Etel Adnan m'a reçue chez elle, à Paris. Elle m'a parlé de peinture, de la sienne surtout, puisqu'elle peint depuis cinquante ans et que les grands musées français l'exposent enfin.

 

Ce texte est une version légèrement modifiée d'un court essai présenté à l'occasion du séminaire interdisciplinaire doctoral « La Révolution silencieuse : femmes-hommes. II », qui a eu lieu le 11 février 2013 à l'université de Bordeaux III.
Lorsque j'ai décidé, après quelques détours, de retourner à l'université et de m'inscrire en thèse, j’ai tout de suite su que je voulais travailler d'une manière ou d'une autre sur l’oeuvre de Philippe Forest, dont j’ai découvert les livres il y a quelques années.

 

« EST-CE QUE JE PEUX VOUS CHANTER UNE CHANSON ? »

ENTRETIEN AVEC CHRISTINE ANGOT

le lundi vingt-trois avril deux mille douze
devant une tasse de thé, Place Saint Augustin, Paris

 

« Tu n'as pas peur ? » « Tu n'es pas trop vieille ? Je veux dire : pour commencer maintenant, tu n'es pas trop vieille ? » « Tu risques de te sentir très seule. » « Oui mais si tu veux avoir des enfants, ce sera quand même possible ? Remarque, au moins tu seras beaucoup à la maison » « Pourquoi, en fait? Tu n'as pas peur de l'avenir ? » « Tu veux vraiment retourner à l'université ? Moi j'étais tellement heureux quand je suis parti ! Tu n'as pas envie de travailler, je veux dire de travailler vraiment, dans le monde réel ? » « Et donc tu vas réfléchir cinq ans au même sujet, c'est ça ? » « Tu n'as pas peur ? » « Et ensuite, tu feras quoi ? » « Oh mais c'est super, tu vas avoir plusieurs mois de vacances par année ! » « Et tu crois que tu aimeras encore lire pour le plaisir ? » « Tu vas être avec pleins de gens plus jeunes que toi ! » « Tu veux faire carrière ou tu fais ça juste parce que tu en as envie ? » « Tu n'as pas peur ? »

 

En guise de conclusion : L’inceste pour s’enfanter soi-même ?

 

 

Bisexualité, soumission et dédoublement schizophrène

 

 

Courant janvier 1932, alors que June est dans ses préparatifs de voyage pour rejoindre les Etats-Unis, les deux femmes éprouvent l’une pour l’autre le plus vif appétit.

 

« Henry me donne la vie, June la mort. Je dois choisir, mais j’en suis incapable. » (HJ, 66)

 

 

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